31/05/2004

Union invincible

J'invoque la puissance de celle qui dans ses yeux
Possède les étoiles et les pouvoirs de cieux.
Dans la grotte sacrée ou les ténèbres changent,
Résonnent les prières et les chants de mon ange.

Je suis le guerrier qui jette dans les flammes
Le bois de son amour et les fruits de son âme.
Rituel ancestral oú brûle ma dévotion,
Un feu dont la chaleur exprime ma passion.

L'obscurité se fend comme une pierre gelée,
Pour libérer, purifiée, la femme déifiée.
Dans les éclats de quartz brille la lumière,
De ta beauté brutale et de tes formes fières.

Une femme-chaman à l'aura envoûtante,
Se tient là, dans les airs, nue et bouleversante.
Je décoche des flèches qui toucheront son coeur,
Je déchire mon corps pour qu'éclosent les fleurs.

Que les corbeaux s'envolent pour chanter aux démons,
L'union invincible de l'arc et des potions !
Le soleil se voile et la nuit devient jour,
Quand dans la lune blanche se reflète cet amour."

Philippe

14:57 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

La vision du guerrier solitaire

 

DANS TES YEUX SANS PEUR

La vision du guerrier solitaire
 
Dans le plus haut des cieux, aux confins de la Terre,
Des abysses sans fin jusqu'aux flammes de l'Enfer,
Par delà l'Océan, bien après les montagnes,
Aux croisées des chemins soufflait un vent de hargne.
 
J'ai conquis bien des places, incendié des cités,
Pris d'assaut des donjons et rit des déités.
Un saccage dément dans mon rôle d'amant,
Au visage fermé et aux larmes de sang.
 
J'ai dépecé des coeurs et empalé des âmes,
Nettoyé mon épée dans des fleuves de larme.
De ma lance raisonne le chant de ma folie,
Armure et bouclier déformés par la Vie.
 
Dans les puits du destin ou s'écoule mon venin,
 Je fuyais la Lumière, l'éspérance d'un demain.
Je cultivais le mythe de mes désillusions,
Perdu dans les miroirs d'amour sans passion.
 
Le diamant de l'âme et les beautés du coeur,
Ne se révéleront que dans tes yeux sans peur.
Et dans la lumières de ses reflets magiques,
Mes armes flamboyantes deviendront pacifiques.
 
A tes pieds,Ô ma reine, je dépose les armes,
Je veux te conquérir mais sans cris ni sans larmes.
J'ai vu dans tes beaux yeux cette lueur sans peur,
Un éclat étoilé de promesse de bonheur.
 
C'est le poids de l'Amour qui étouffe ma démence !
 
A ses pieds, sous son trône, j'implore la clémence,
De celle qui a su, sans aucune pitié,
Transformer le guerrier en paisible fermier.
 
Mon épée émoussée devient soudain caresse,
Et ma lance glorieuse ne tue ni ne blesse.
Mon armure se transforme en jardin somptueux,
Mon fidèle bouclier en un coeur d'amoureux.
 
Je t'offre mon coeur nu et mon âme repentie,
Faisons taire le Passé et toute cette lie.
Chevauchons vers demain, au loin, vers l'horizon,
Coeurs et âmes liés, vivant à l'unisson.
 
8 avril 2003
Philippe Ya'ke yajuja

14:49 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/05/2004

Quand je vois ...

 

Quand je vois un animal, libre dans la forêt où il est né,
heureux, en équilibre avec ce qui l'entoure,
ses besoins étant comblés à même la nature,
faisant partie d'un système naturel où chaque espèce a sa place
et son rôle à jouer, où chacun a un cycle de naissance et de mort,
de floraison et de sécheresse, de migration et d'amour...
tout naturellement...

Quand je vois un animal qui s'approche curieux,
sans crainte de l'être humain,
un animal sauvage qui n'a jamais été chassé
et surtout qui n'a jamais été blessé par "l'homme"...
pas comme ces animaux qu'on voit dans les parcs "protégés"

par les gouvernements blancs, ces parcs ... où on paie si cher pour chasser,
où on essaie de préserver ce qui reste de ce qu'on a détruit
à l'aide de clôtures, de tickets d'entrée et d'affiches publicitaires...

Mais ce que je remarque dans tout ceci c'est qu'il manque une espèce...
une espèce qui vivait autrefois en liberté...
l'espèce humaine que l'on appelait "indiens"...

Je pense à ce peuple qui vivait, libre,
sur le territoire où étaient nés les ancêtres,
heureux, en équilibre, autonome, harmonieux...
Le peuple autochtone vivait près de ses frères animaux,

et de ses sœurs les plantes,
avec eux, aussi naturellement qu'eux, près de la nature,
avec elle, ensemble sur la Terre-Mère...

Et je m'horrifie de ce qui s'est passé ...
 
Tout  ce qui reste de ce monde merveilleux est très restreint,
et ça s'appelle maintenant des parcs "naturels", réserves fauniques
et réserves indiennes...

Le merveilleux a peu à  peu disparu...
il a fait place au suicide des jeunes, à l'alcoolisme, à la pauvreté,
et à toutes sortes de problèmes sociaux... en plus, il y a maintenant, la pollution, les barrages, les villes... et la misère morale qui va avec... 

Mais je vois encore, dans le regard de l'animal libre de la forêt 
la même lueur que dans dans le regard de certains indiens...
je vois cet être fort et courageux qui ne demande qu'à être heureux...

et j'aurai toujours du respect pour ce peuple qu'on a pensé détruit,
parce qu'à l'intérieur de lui dort en silence le feu sacré,
fort et fier
et qui ne saura sûrement pas tarder à se réveiller...
(Guyloup Tortue aimante)


16:48 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Ma prière du calumet

La première bouffée de fumée est pour toi

Kitché-Manitou, le Maître de la Vie,

pour que tu reçoives ma prière ;

la seconde bouffée est pour toi Misoukoumik-Okmi,

la Mère-Terre, pour que tu reçoives mon hommage...

La pierre de la pipe, le bois de la tige,

les plumes qui l’ornent,

et l’humain qui la fume,

terre, plantes, animaux et hommes,

entends-nous tous Kitché-Manitou…

À nos frères aînés les animaux,

tu as donné la connaissance instinctive

des tes grandes lois,

mais tu as voulu que l’humain les apprenne en les recherchant tout au long de sa vie ;

tu as distribué tes pouvoirs selon les espèces :
à l’orignal la puissance, à l’écureuil l’audace, à l’oie le courage,

à l’homme, que tu as créé faible et lent et nu,

tu as donné le plus grand don de tous :

le rêve, pour qu’il te connaisse et ne s’égare pas…

Alors je t’en prie, guide mes pas,

ouvre mes yeux, dirige ma flèche,
pour que je mange et avance dans le Chemin de la Vie

(Guyloup Tortue aimante


16:25 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

A la source

Au lieu de tout tenter pour tuer
Les moustiques qui veulent te piquer,
Il faudrait essayer d’assécher
Le marais qui les fait pulluler.

A la place de vouloir arrêter
A mains nues la grande roue à blé,
Il vaut mieux t’en aller dévier
Le canal qui la faisait tourner.

Au lieu de réparer sans arrêt
Ce que tu ne cesses de casser,
Apprends enfin à utiliser
Chaque objet sans jamais l’abîmer.

A la place de te lamenter,
Impuissant à maîtriser des faits;
C’est aux lois qu’il faudrait t’adresser,
Aux causes qui les ont engendrés.

Et de là dans la simplicité,
Tu pourras enfin remédier
A tous ces maux qui te tourmentaient
Et qui te serviront désormais !


(Marie-Jo Chevreuil agile)

16:23 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

D'autres lendemains ...

Quand mon regard se perd tout au bout des lueurs
Qui enlacent la terre avec les rayons du couchant,
A l'heure où le soleil s'attendrit doucement,
Peu à peu je me fonds avec le Créateur... 
 
Alors une chanson resurgit de très loin,
Des mondes oubliés que je porte en moi-même,
Une chanson d'amour, un immense je t'aime,
Dont l'écho mènera à d'autres lendemains... 

 
Quand mon regard se perd tout au bout du vert
Là où les hautes cimes jouent avec les étoiles,
Aspirée par le ciel quand la lune se voile,
Je ne forme plus qu'un avec l'Univers...
 
Alors une chanson resurgit de très loin,
Des mondes oubliés que je porte en moi-même,
Une chanson d'amour, un immense je t'aime,
Dont l'écho mènera à d'autres lendemains... 
 
Pourtant cette beauté où se perdent mes yeux
Ne touche pas les fous, les aveugles sans conscience
Qui veulent tout changer alors qu'ils recommencent
Ce que d'autres ont fait et défait avant eux...
 
TOUS il nous faut chanter cette chanson qui vient
Des mondes oubliés tout au fond de nous-mêmes,
Cet hommage à la Vie, cet immense je t'aime,
Qui seul pourra sauver nos autres lendemains...
 

Ona niijkiwenh
Guyloup


16:20 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Mes ancêtres

Je suis fière de mes ancêtres,
ceux qui remontaient la rivière Moisie
à tout les automnes,
pour ensuite s'enfoncer dans les terres.
Une vie si dure, et pourtant, que de nostalgie.

Au printemps, les ancêtres redescendaient,
à l'inverse du parcours des outardes,
Chaque être sur la terre a son cycle de vie,
L'outarde tout comme l'Innu.

Un cycle de vie, qu'on ne peut changer,
à moins de briser la vie,
un cycle de vie, ancré à l'intérieur de chacun,
qu'on doit respecter, pour l'harmonie.

Je demande maintenant, à nos ancêtres,
comment, nous, les jeunes,
allons-nous faire pour retrouver ce cycle
qui faisait la force de nos ancêtres.

Nous nous sentons démunis,
face au monde dans lequel nous vivons,
celui qui a brisé notre cycle,
pour nous forcer à adopter le sien.

Nous devons composer avec ces deux mondes,
celui de nos ancêtres et celui qui nous entoure,
Parfois, on aimerait retourner en arrière,
Pour être cet Innu fort et fier.

Tenish



16:16 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |