20/04/2004

Le Cercle

Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle.
La Terre est ronde et les étoiles le sont aussi.
Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne.
Les oiseaux font leur nid en rond.
Le soleil s'élève et redescend dans un cercle, la lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre.
Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours.
La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut.
Aussi même nos tentes étaient rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle, le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions nos enfants selon la volonté du Grand Esprit.
Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la nation, et tant qu'il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré.
Inspiré des écrits de Elan Noir, homme médecine de la nation sioux oglala

11:32 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

17/04/2004

Poème d'une révoltée

Ah bon, tu as eu un ami indien ?
Si intime que ça ?
Ah bon, tu as eu une amante indienne ?
Si étroite que ça ?
Ah bon, tu as eu une domestique indienne ?
Si chère que ça ?
Oui, c'est horrible ce que vous autres nous avez fait.
C'est chouette de ta part de faire des excuses.
Non, je ne sais pas où tu peux te procurer du peyotl.
Non, je ne sais pas où tu peux te procurer des tapis Navajo très bon marché.
Non, je ne l'ai pas fait. Je l'ai acheté à Bloomingdales.
Merci, j'admire tes cheveux à toi aussi.
Je ne sais pas si quelqu'un pourrait certifier que Cher est une vraie indienne.
Non, ce n'est pas moi qui ai fait pleuvoir ce soir.
Ouais. Bien sûr. La spiritualité. Bien sûr.
Ouais. La spiritualité. Bien sûr.
Mère Nature. Ouais. Bien sûr. La spiritualité.
Non, je n'ai pas fait des études de tir à l'arc.
Ouais, beaucoup d'entre nous boivent trop.
D'autres n'arrivent pas à boire assez.
Non, c'est pas une gueule stoïque.
C'est mon visage.
(Diane Burns)

15:06 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Sortons de nos faux rêves ...

Me déplacer dans ces collines verdoyantes ou enneigées selon les saisons, sauvages, exubérantes, difficiles, éreintantes, m'oblige à considérer mes limites. Sans fausse pudeur… Là plus de voiture ! Plus de ridicule confort « grossissant » à outrance ! Rien qu'une nature brute, presque brutale. Un endroit où je me sens devenir une personne différente, presque ignorante des conventions du bien vivre et du bien croire de « ma » société. Marcher, suer, m'agripper, descendre, monter : voilà ce qui pour moi devient une véritable prouesse physique et mentale. Le corps et l'esprit sont mis à l'épreuve de l'endurance… Pénétrer ces espaces sauvages plus d'une heure exténue... Mais d'où vient donc toute cette sueur ?!!! Tous mes muscles se fatiguent, s'épuisent…suer… je rêve d'être sous la douche !!!Soudain me vient une idée, forte, tenace : pourrais-je rester, deux jours, seul(e) dans cette forêt pourtant incroyablement riche....comment me préparerais-je simplement un repas ? !!! Je constate que, nous, les Occidentaux, petits, grands, gros ou maigres, nous ne sommes absolument pas équipés physiquement pour nous déplacer dans cet espace naturel… Où plutôt « nous ne sommes PLUS équipés »… Normalement, nous devrions savoir nous déplacer dans ce milieu naturel tout simplement parce que c’est NOTRE milieu. Normalement, nous n'aurions pas besoin d'écologie! Nous connaîtrions ces pierres, ces mousses, ces ravins, ces hautes herbes, et les bestioles qui les peuplent constamment ici !!! Nous nous laisserions guider par nos pieds et aussi sans doute par son instinct. Oui…Nos pieds qui mènent nos yeux... un peu de repos, même pas vraiment nécessaire, puis reprendre la route, jamais plus vite, jamais plus lentement… Mon Dieu ! cette nature merveilleuse, me fait tourner la tête : qu'est-ce qu'elle est belle!Il faut avoir expérimenté ces "promenades" pour comprendre, pour sentir au plus intime de l'être vibrer cette certitude 'équilibre :apprendre à ne pas trop boire pour ne pas trop suer, car suer fatigue…! apprendre à se reposer au bon moment, au bon endroit ; apprendre à ne pas accélérer la marche, même quand le sentier offre une passe plus facile... apprendre à doser et à équilibrer corps et l'esprit comme une charge qui pèse sur le dos et sur la tête…Mais rien ne m' a préparé, dans ma vie trop confortable Occidentale, à ce genre d'exercice car pour moi, c'est un exercice ! Rien ne m'y a préparé, pas même les cours de danse, le jogging, la natation ou le tennis ! Suer, traîner ma carcasse, craindre la prochaine montée pour ensuite redouter la descente...! Mais ce n’est pas grave : j'y découvre un trésor unique : la nature… et je me souviens de ces paroles amérindiennes lues un jour : "nous prions pour vous, petits frères, parce que vous avez oublié votre mère la terre"…découvrir un trésor dans les chants des insectes ou des animaux, dans les saveurs des fruits sauvages, dans le ciel brûlant, dans la pluie ou dans la neige, Mais après avoir eu ce mal, je sens alors monter en moi une sensation intense... une sorte d'euphorie générant en mon coeur la certitude de ne faire qu'un avec cette nature… ou plutôt de n'en être qu'un élément... oui, je ressens une sorte de mysticisme qui me poussera à crier mon admiration à ce Créateur inconnu qui a conçu et donné aux hommes, aux animaux et aux pierres de telles splendeurs d'équilibre et de fantaisie... avec le choix et la liberté en plus pour nous ses enfants humains… et je me fiche de ceux qui pensent que "cette notion de croyance n'est qu'une illusion, un signe de faiblesse ou un besoin irrationnel de consolation" ! J'apprends, ou je ré-apprends, à jouir de ces silences merveilleux que nul moteur, nulle industrie ne vient gâcher : jouir de ce silence dans lequel les chants d'oiseaux servent d'instruments… jouir d'être là... J'apprends à écouter mes muscles, mon coeur, ma vue. J'apprends à m'écouter parce que je découvre que je suis partie de la "nature"... être là ! quelle merveille d'être là, assis sur une pierre ou un tronc abattu par le vent…Comme c'est bon d'admirer la voûte des arbres et de méditer sur l'incroyable équilibre qui rythme ces espaces sauvages, pourtant sagement aménagés par le Créateur. Fragile équilibre tellement menacé par la main de l'homme… Mais bien sûr, nous n'ignorons pas, même là au cœur de la forêt, que les « timoniers de la finance industrielle internationale » prétendent devenir les maîtres de la planète dont ils font une nef de fous. Et ils accusent Dieu d'être absent, ou négligent, ou inexistant, comme ça, ils peuvent continuer ça rassure le bon peuple...!Creuser, exploiter et polluer la Terre sont des pratiques tellement familières pour l'Occident que même les cris d'alarme des scientifiques, pourtant occidentaux, ne suffisent plus à émouvoir les décideurs de l'économie et de la finance, trop contents de voir les politiciens à leurs bottes. "Non, vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus" pestait le chef huron Kondiaronk, au XVIIe siècle, contre l'envahisseur européen. Pauvres de nous! Nous le sommes peut-être plus que jamais, misérables...L'Occident n'a plus qu'un seul orgueil, un seul but, un seul mot d'ordre : entasser ! "Entassons ces richesses, accumulons ces fortunes". Penserait-il qu'elles sont éternelles et immuables ? penserait-il surtout qu’elles sont positives ? Pourtant on sait qu'il ne s'agit là que de richesses matérielles... Et que pour l'heure, la folie meurtrière du gain justifie d'autres entassements : cadavres, déchets, épidémies, missiles, etc. et cette soif incontrôlable de posséder blesse, non seulement le genre humain, en générant des différences anormales de classes sociales, mais elle égratigne l'équilibre naturel lui-même, ne serait-ce qu'à un niveau philosophique insoupçonné des économistes qui, eux, créent de nouvelles lois "naturelles" : celles du marché... tellement naturelles que parfois elles leur échappent...Des lois "naturelles" du marché ? Que peut-il y avoir de naturel dans une économie qui engendre et favorise le jetable alors que Mère-Nature se contente de recycler ? A quoi bon évoquer des lois "naturelles" pour le dollar, quand la puissance intellectuelle –étonnante !- et ses capacités technologiques –énormes !- n'ont plus de naturel que dans l'asservissement de l’être humain à un type d'économie que d'aucuns acclament comme "triomphante" ? J'en suis arrivé à me demander : triomphante de quoi ? Des squelettes africains ? Des enfants prostitués de Haïti ou de Thaïlande ? Des traités amérindiens non respectés ? Des très rares espaces verts ou blancs de la planète demeurés, oserais-je dire, intacts ?L'Occident s'est habitué à faire planer sur lui-même le danger de son éradication, et se contente de ronronner en regardant ses comptes en banque… comme si ça protégeait ! L’Occident a-t-il le droit pour autant de couvrir la planète entière du même risque ? Serait-ce que, délirant dans son rêve de grandeur et de puissance, il en est arrivé à ne plus croire qu'en sa Science et en ses Finances qu’il divinise sur l'autel de la Raison perdue ? Serait-ce qu'il est vraiment devenu fou ?Ne pas retourner à la terre, mais en vivre et en mourir : voilà une affirmation de la sagesse traditionnelle des Amérindiens qui invite à regarder la Terre avec les yeux de l'amour et de la tendresse. Pas besoin d'écologie : juste d'un peu de bon sens... C'est rétablir la grande harmonie entre chaque élément de la Terre-Mère... éléments dont nous faisons partie, même si nous l'avons oublié...Réveillons-nous... sortons de nos faux rêves....
(Un texte de Tortue aimante)

14:59 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Prophétie indienne

On a raconté bien souvent que nous vivons une époque de prophéties et de miracles.  Beaucoup de civilisations antiques ainsi que nos propres traditions religieuses modernes ont indiqué que ce moment de notre histoire est un moment de grande transformation spirituelle et sociale.  Les anciens appelaient cette époque « la fin des temps » parce qu'ils prédisaient un réveil monumental, comme si l'humanité, tombée dans un profond sommeil, était prête à redécouvrir quelque chose de merveilleux.  Des gens de tout bord spirituel ont été soudainement hantés par un souvenir qu'ils pensaient avoir mis de côté, une petite voix calme leur demandant de ne pas oublier une promesse faite il y a bien longtemps.  Cette voix de plus en plus intense était tellement forte que beaucoup ont commencé à l'écouter... et à changer leur façon de vivre.

En 1993, un bison femelle du nom de Miracle est né à janesvdle dans le Wisconsin.  Ses propriétaires étaient étonnés par cette créature car elle était aussi blanche que la neige, mais aucun d'entre eux ne savait à quel point elle était importante. 

Le même jour, à des centaines de kilomètres de là, un Indien américain dont le nom se traduit à peu près comme « Celui qui Cherche le Bison », fit un rêve étonnant.  Il vit un jeune bison, blanc etfemelle, et la ferme où il était né.  Il vit aussi le nom de la ville.  A son réveil, il était persuadé d'avoir été témoin de l'accomplissement d'une des prophéties les plus sacrées de sa tribu.

Leur croyance était que le monde passerait un jour d'une société masculine gouvernée par la concurrence et la domination à une société où régneraient les qualités féminines de compassion et d'amour.  Ils avaient attendu le signal pendant des centaines d'années : un bison blanc de sexe féminin qui naîtrait et annoncerait la naissance d'un Nouveau Monde.  Sur son passage à l'état adulte, il changerait quatre fois de couleur, symbolisant les quatre races de la planète terre.  Plus important encore: son père mourrait trois jours après sa naissance symbolisant ainsi la mort du patriarcat.  Cette prophétie ancienne n'avait jamais été réalisée et quand le jeune homme et sa famille quittèrent leur maison dans le Dakota du Sud en quête de la ferme qu'il avait vue dans son rêve, il ne savait pas ce qu'ils trouveraient.

 Ils découvrirent Miracle alors quelle n'avait que trois jours.  La famille à qui appartenait la ferme ne se doutait pas que ce jeune animal faisait l'objet d'une légende ancienne.  Pour eux, elle était albinos, ni plus ni moins.  Quand « Celui qui Cherche le Bison » demanda à voir le père de Miracle, on lui appris qu'il était mort plus tôt d'une rupture d'anévrisme cérébral.  A ce jour, Miracle a changé de couleur quatre fois.  Elle est fauve en ce moment.  Les Indiens croient que le jour où elle reprendra sa couleur d'origine la légende aura été réalisée.  Le grand bouleversement de notre époque serait soudainement à portée de main.

 Cette histoire et bien d'autres encore montrent que nous enfantons un Nouveau Monde.  Et comme une mère qui endure la difficulté d'un accouchement pénible, il y a des défis auxquels nous devons faire face et des obstacles que nous devons surmonter.  Il est rassurant de savoir que nous ne sommes pas seuls sur ce chemin, que nous avons une aide puissante à nos côtés.  En plus des légendes et prophéties comme celle du bison blanc, il existe de nombreuses histoires dans lesquelles interviennent des anges et des guides spirituels.  Elles nous permettent de surmonter les obstacles qui, souvent, jalonnent nos chemins ; elles nous aident aussi à nous libérer des chaînes qui nous paralysaient de peur.  Beaucoup de gens parlent de leur rencontre avec des personnes qui paraissaient assez ordinaires au premier abord mais qui plus tard s'avérèrent hors du commun.

 Faisons-nous doucement chemin vers un tournant important de l'histoire de l'humanité, une sorte de saut quantique spirituel, et les guides se font-ils alors plus disponibles ?

 Ces dernières années, des douzaines de livres ont rapporté de remarquables rencontres directes avec des anges et des êtres célestes.  Dans certains cas, ces expériences sont allées au-delà du léger voile qui sépare ce monde du suivant, amenant des gens ordinaires face à face avec des guides surnaturels, les conduisant au-delà des comportements destructeurs qui ont enchaîné leur vie dans la peur.  Ces histoires deviennent plus fréquentes, comme si les portes du Paradis avaient été ouvertes et que nous soyons baignés de lumière céleste.  Presque toutes les religions admettent l'existence des anges et le rôle qu'ils jouent pour nous aider à transcender les ténèbres qui ont tellement dominé notre monde.  C'est un signe du temps qui nous rappelle encore que nous vivons un des moments les plus passionnants de l'histoire humaine.  Les anges sont partout et ils sont là pour nous guider vers la lumière.

 De nombreuses personnes ont rapporté des rencontres physiques avec un être au-dessus des anges.  Cette femme a toujours été présente, nous guidant au-delà des obstacles que nous mettons sur notre chemin, des barrières qui nous ont empêchés de connaître l'expérience de l'amour que nous voulons tant.

Souvent vue au travers de visions sacrées ou d'apparitions, notre Mère a joué le rôle de guide universel, nous tenant la main pour traverser nos nuits les plus sombres et les plus désespérées.  Maintenant, il y a dans son message une urgence qui n'était pas présente auparavant, comme si nous étions près de l'accomplissement de nos rêves, ou de nos cauchemars, selon notre choix.  Son rôle est de nous aider à sélectionner les expériences amenant à la concrétisation de l'une ou l'autre de ces possibilités.

 Presque toutes les traditions religieuses reconnaissent et honorent la nature féminine et compatissante de Dieu.  Certaines identifient cet être comme étant Tara, Quan Yin, Sofia ou Saraswati, mais en toutes bat le coeur d'une mère, une Mère Divine Universelle.  Les chrétiens la nomment « Vierge Sainte », ou simplement « Marie, la mère de jésus ». À travers l'histoire, des centaines et même des milliers de personnes ont raconté leur rencontre avec cette extraordinaire bienfaitrice, cet être de compassion, et pourtant leur expérience a toujours été filtrée par les croyances religieuses de leur famille et leur culture.  Presque toutes les apparitions ayant pu être vérifiées portent le même message, un appel urgent à l'humanité de détourner son regard d'une préoccupation constante de soi-même et de le diriger vers Dieu et notre prochain.

Ceci est une histoire vraie qui porte en elle-même le rthyme changeant de notre époque.

(Texte transmis par Christine Pernin)




14:29 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Le message

On dit que le silence est la voix de la complicité.
Mais le silence est impossible.
Le silence hurle.
Le silence est un message, tout comme ne rien faire est un acte.

Laisse ton être sonner et résonner
en chaque parole et chaque acte.
Oui, deviens qui tu es.
Il n'est pas concevable que tu esquives ton propre être
ou ta responsabilité.

Ce que tu fais est qui tu es.
Tu es ta propre punition.
Tu deviens ton propre message.

Tu es le message.

Leonard Peltier


12:10 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

16/04/2004

Humaine sauvagerie

Vous me dites sauvage et cruel, moi, le loup,
Mais, vous, les humains, qui vous permet de me juger ?
Vous les hommes qui vous croyez civilisés
Je pense que vous êtes devenus fous...
 
Lequel de mes congénères aurait osé imaginer
De créer des camps de concentration pour tuer,
D'inventer une bombe pour tout raser,
Ou de perpétrer de lâches attentats meurtriers ?
 
Lequel d'entre nous aurait pu penser simplement
Massacrer sans merci nos amis, nos parents,
Simplement parce qu'ils pensent autrement,
Ou que le ton de leur peau est différent ?
 
Moi, le loup, je vous le prédis,
Si rapidement vous ne vous reprenez pas
Un jour arrivera où toute vie disparaîtra
Ne pouvant survivre à votre humaine sauvagerie...
 
Nous les loups, nous ne tuons que pour manger,
pour survivre et nous protéger,
Et vous nous appelez "des bêtes",
Alors, dites-moi, vous, qu'est-ce que vous êtes ?
 
Poème de Guyloup, dite Tortue aimante, le 08 février 2002

20:12 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Déclaration du Chef Seattle à l'attention de F. Pierce, président des EU d'Amérique en 1855

 

Dès leur arrivée dans ce qu’ils croyaient être l’Inde, les “découvreurs” de l’Amérique ont tout fait pour dépouiller ses habitants originaux de leurs terres.

En 1855, Franklin Pierce, le 14è président des Etats-Unis propose un curieux marché au Chef Sealth des Duwamish : l’achat des terres sur lesquelles sa tribu a toujours vécu en échange d’une réserve. La réponse de Sealth nous concerne tous. En voici les passages essentiels :

Comment peut-on acheter le ciel, ou la chaleur de la terre ? Cette pensée nous paraît étrange. Et puisque nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air ni le miroitement de l’eau, comment peux-tu nous les acheter ?

L’eau scintillante qui coule dans les rivières n’est pas seulement de l’eau, mais le sang de nos ancêtres. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. Les fleuves sont nos frères. Ils étanchent notre soif. Ils portent nos canoés et nourrissent nos enfants. Si nous vendons notre terre, il faudra vous en souvenir et l’enseigner à vos enfants , et vous devrez traiter les fleuves avec l’amitié due à un frère.

Il oublie la tombe de son père et l’héritage de ses enfants. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme de la marchandise, à acheter, piller, vendre, comme des moutons ou des perles de verre. Sa voracité dévorera la terre et n’en laissera qu’un désert.

A quoi bon vivre si l’on ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang, la nuit ? Nous autres, nous aimons le doux son du vent sur la surface du lac, et l’odeur du vent, lavé par la pluie de midi ou alourdi par le parfum des pins.

Le vent qui a donné son premier souffle à notre ancêtre a aussi reçu son dernier soupir, et il insuffle la vie à nos enfants. Et si nous vendons notre terre, vous devez la tenir pour sacrée, comme un endroit où tout homme puisse sentir le vent adouci par les senteurs des fleurs sauvages.

Croyez-vous que vous pouvez tout faire à la terre, uniquement parce qu’un homme a signé un bout de papier et vous l’a donné ? Et comment ferez-vous pour racheter tous les bisons lorsque le dernier d’entre eux aura été tué ? L’homme Blanc, provisoirement maître du pouvoir, pense qu’il est déjà Dieu, à qui la terre appartient ? Mais comment un homme peut-il être le maître de sa mère ?

D’une chose nous savons, que vous découvrirez peut-être un jour : notre Dieu est le même. Il chérit cette terre, et la saccager c’est accabler le Créateur de mépris. Continuez à salir votre couche, et une nuit vous mourrez étouffés par vos propres déchets. Mais en disparaissant vous rougeoirez comme un incendie, foudroyés par la force de Dieu qui, par un dessein connu de Lui seul, vous donna pouvoir sur cette terre et sur nous.

Mais lorsque le dernier Homme Rouge aura disparu et que son souvenir ne sera plus que l’ombre d’un nuage au dessus des prairies, l’âme de mon peuple continuera à vivre dans ces forêts et sur ces rivages, car nous les avons aimés comme un nouveau-né aime les battements du cœur de sa mère.


20:02 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |