17/04/2004

Poème d'une révoltée

Ah bon, tu as eu un ami indien ?
Si intime que ça ?
Ah bon, tu as eu une amante indienne ?
Si étroite que ça ?
Ah bon, tu as eu une domestique indienne ?
Si chère que ça ?
Oui, c'est horrible ce que vous autres nous avez fait.
C'est chouette de ta part de faire des excuses.
Non, je ne sais pas où tu peux te procurer du peyotl.
Non, je ne sais pas où tu peux te procurer des tapis Navajo très bon marché.
Non, je ne l'ai pas fait. Je l'ai acheté à Bloomingdales.
Merci, j'admire tes cheveux à toi aussi.
Je ne sais pas si quelqu'un pourrait certifier que Cher est une vraie indienne.
Non, ce n'est pas moi qui ai fait pleuvoir ce soir.
Ouais. Bien sûr. La spiritualité. Bien sûr.
Ouais. La spiritualité. Bien sûr.
Mère Nature. Ouais. Bien sûr. La spiritualité.
Non, je n'ai pas fait des études de tir à l'arc.
Ouais, beaucoup d'entre nous boivent trop.
D'autres n'arrivent pas à boire assez.
Non, c'est pas une gueule stoïque.
C'est mon visage.
(Diane Burns)

15:06 Écrit par Maurice Pécriaux | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Ah bon! J'ai une epouse Indienne, sa gueule n'est pas du tout stoique, en fait c'est le plus beau visage qu'il m'a ete donne de contempler.
Ben oui!

Écrit par : Jacques | 24/04/2004

Merci Magnifique texte qui me conduit au silence et à la réflexion, à l'émotion aussi, merci. Comme un miroir mais limpide et clair comme un ruisseau dans le même temps. Ironique et tellement triste, le reflet d'une réalité je pense.
Ce texte, comme une flèche, m'a touché au coeur. Merci.

Écrit par : Philippe | 14/05/2004

Réflexion Ce texte n'arrète pas de me trotter dans la tête et j'aime ça, réfléchir. J'ai vu des touristes identiques à Cuba, cette espèce de fausse compaticence m'exaspère et me désespère, ces cons de blancs qui rentrent chez eux et qui montrent leurs photos de vacances en disant"T'as vu, j'ai approché des autochtones, y sont pas bien méchants, t'imagines, j'en ai même approché un qu'avait pas de T-Shirt ni de chaussures,et l'avait même un trou à son short. Y'a quand même des pauvres sur Terre, que c'est triste. Faudrait les aider quand même. Mais bon, avec les pourboires que j'ai laissé, j'ai du au moins nourri 10 familles pendant 10 ans !". Et le con de blanc de se lever pour aller chercher une bière et allumer la télé, c'est l'heure du sport, et le chien, ben il a ka allé chier tout seul dans le jardin, j'ramasserais la crotte demain...Espèce d'illustre connard, je te laisse dans ton ignorance crasse...Je n'ai pas de mot pour décrire ces fantômes de l'Ignorance, ces gens qui n'ont pas d'âme, ces bons petits soldats, ces moutons que l'ont conduit à l'abattoir, je rêve parfois d'être leur boucher...

Écrit par : Ya'ke yajuja | 17/05/2004

J'aime votre texte mais je ne sais plus quoi penser Moi je suis une abénaki de 3ième génération donc pour le gouvernement
je ne suis qu'une blanche .Dans mon coeur et dans mon sang je suis toujours une abénaki j'entend les blanc parler des amérindiens et j'entend
les amérindiens parler des blanc je ne sais plus ou donner la tète j'ai le goût de crier très fort de colère j'en ai assez . Je suis amérindienne mais je suis invisible mais je me ferai entendre je ne sais pas comment mais il est temps de mètre fin a toute cette colère entre nos deux nation , je suis perdue . Je suis victime de racisme de la part des blancs et des amérindienspour le monde je n'ai aucune appartenance , aucune identité .
Dans mon coeur et dans mon âme je suis amérindienne et je le ferai savoir au monde .Je suis perdue , confuse , aidez-moi .S.V.P.

Écrit par : Sandra sirois | 19/05/2004

Superbe ... Vraiment très touchant ...

nb : pour jacques, le stoïcisme n'est pas une insulte... je trouve que c'est le plus beau "pseudo" sentiment qui puisse être deviné.

Écrit par : Absintheae | 20/05/2004

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